Yvon Ollivier auteur

Venu en Loire-Atlantique dans le cadre de mon métier, j’ai été surpris par le décalage sidérant entre la réalité bretonne de notre département et son appréhension institutionnelle, la région dite des « pays de la Loire ».

Tout respire la Bretagne en Loire-Atlantique et l’on s’efforce, avec l’appui des pouvoirs publics de lui appliquer une image qui n’est pas la sienne, et dessert l’intérêt de ses habitants. A l’Ouest c’est la basse Bretagne et sa langue singulière, à l’Est l’autre pays breton -le pays gallo- et au centre la grande ville de Nantes qui marqua si fortement notre histoire bretonne. Il ne nous reste que l’unité judiciaire que nous, juristes, nous efforçons de préserver dès qu’elle se trouve menacée. La Bretagne mérite-t-elle autant de crainte ou de mépris de la part de Paris pour ne pas encore être réunifiée aujourd’hui ? Elle n’est qu’un nain politique qui est en passe de sortir de l’histoire, avec l’aval de ses grands élus qui, lorsqu’ils n’ont pas trahi comme lors de la réforme territoriale de 2014, ne voient pas même le problème. Je l’ai dénoncé avec force dans l’ouvrage récent « lettre à ceux qui ont renoncé à la Bretagne ».

Avec les moyens du bord, les Bretons sont contraints de résister, pour maintenir leur Bretagne envers et contre tout. Contre la bêtise humaine, tout d’abord. Car la région « pays de la Loire » ne veut rien dire et se trouve dans l’obligation de créer sa propre identité. Elle est une énorme fumisterie, dangereuse de surcroît car elle entretient le négationnisme historique et des conflits identitaires. Il faut s’appuyer toujours sur les identités existantes au lieu de les malmener. C’est une leçon de l’histoire.

Enfin, comment concevoir Nantes contre la Bretagne ? Imaginerait-on Barcelone sans la Catalogne ? Nantes a tout pour devenir une des principales métropoles européennes, mais à condition d’investir l’image de la Bretagne, et de s’en faire le porte-drapeau. La marche de l’histoire nous donnera raison, car jamais les Bretons ne céderont.

Yvon Ollivier