Vassili Moreau-Miossec, Secrétaire et vidéaste.

Chacun a sa définition de la Bretagne, sa manière de la voir et de la vivre. Certains aussi se contentent d’y vivre sans attachement particulier. Parfois je me désespère lorsque des personnes s’étonnent de m’entendre me présenter comme Breton de Nantes. Je n’en veut pas aux gens de ne pas savoir ou de ne pas s’intéresser au sujet, chacun sa vie. Ce qui est problématique c’est quand des personnes qui n’ont pas autant d’affect sur la question, qui ne se sont pas autant renseignés sur le sujet, se permettent d’imposer leur vision. Et quand ce genre de personne se retrouve à des responsabilités politiques ou économiques cela creuse encore plus le problème. Quand quelqu’un nie le caractère breton du pays Nantais, elle ne se rend pas forcément compte qu’elle nie nos identités, qu’elle nous refuse nos singularités, que c’est violent. La faute à quoi ? Au temps passé(perdu) dirais-je. Quand des gens de mon âge, qui n’ont connu qu’un modèle administratif défini, sont témoins de nos revendications, nous devons paraître étrange ! Souvent pour eux la question de “la Loire-Atlantique en Bretagne” n’est pas plus sérieuse que le faux débat “pain au chocolat/chocolatine” – c’est un sujet qui fait rigoler, qui est mignon : de vulgaires querelles de clocher… et puis “il y a plus important”. Je ne les blâmes pas, il faut que nous soyons force d’alternative. C’est pour cela qu’à chaque fois que je discute du sujet avec quiconque, j’appuie aussi sur le fait qu’au delà des notions d’identités et de territoires, ce sont aussi des questions politiques et des confrontations idéologiques qui sont en jeu. Il faut inciter les citoyens à déconstruire les idées hégémoniques et par dessus tout : il ne faut plus nous taire. Rendons-nous visibles !