Sabine Comès, graphiste/illustratrice

D’origine catalane, j’ai fait le choix de m’installer en Bretagne en 1999. Très attachée à ce qui fait l’identité d’une région, j’ai plongé dans la culture bretonne comme une évidence, inscrivant ma fille en école Diwan.

En tant que graphiste et illustratrice qui a travaillé et vécu aussi aux États-Unis, ma vision du monde est à la fois internationale et régionale. Je pense qu’un « pays » se définit par son histoire, sa culture, sa langue et n’a rien à voir avec un découpage politique.

Je suis tombée amoureuse de la Bretagne et après des années à Rennes, je viens de déménager mon activité à Nantes. Un choix assumé et je suis très heureuse de découvrir le dynamisme de ce territoire que je considère comme le cinquième de la région Bretagne. Je ne suis pas la seule semble-t-il puisque je remarque que le site officiel du tourisme en Bretagne montre les cinq départements et promeut Nantes… Les touristes, même à l’international, voient cette région plus au sud comme bretonne.

De par son histoire et sa culture, Naoned est bel et bien une branche bretonne.

Anne de Bretagne n’est-elle pas née à Nantes ? L’histoire laisse des empreintes. Et l’empreinte historique de la Bretagne comprend une grande partie de l’actuel département de Loire-Atlantique. Dans le pays Nantais, les identités traditionnelles ont perduré, malgré les redécoupages administratifs successifs qui n’ont jamais pris en compte la voix des habitants. On parlait breton à Guérande ! ça laisse des traces. Et lorsque je circule à vélo dans les rues de Nantes, je me sens pleinement en Bretagne. Après tout, Nantes est géographiquement située au sud du Massif armoricain !

Persuadée que la langue et la culture d’une région renforcent les liens, j’ai voulu soutenir très tôt la culture de la région, notamment la langue bretonne. Parmi les fondateurs de la course Redadeg en 2008 et de nombreux projets graphiques en breton, je crée entre autres des calendriers bilingues. Pour ce dernier projet, des amicales de sapeurs-pompiers situées dans le 44 commencent à réclamer des calendriers en français et breton… Signe d’un sentiment d’appartenance qui va bien au-delà de cette frontière territoriale.

Une réunification administrative est d’une logique implacable. Les liens entre Bretons n’ont jamais cessé d’exister malgré cette « amputation ».

La Bretagne avec tous les Bretons est une évidence ! Brevet Breizh 5 departamant !