Récit très personnel qui démontre que l'appartenance de la Loire-Atlantique à la Bretagne est profondément enracinée.
Primael Petit

En tant que Nantais, je pourrais évidemment vous parler d’Anne de Bretagne, de tout ce qu’elle représente pour nous collectivement, historiquement, le collège le plus proche de chez moi à Saint-Herblain porte même son nom (j’ai longtemps cru que le château des Ducs s’appelait en fait le château d’Anne de Bretagne, c’est dire…)

Non, je vais plutôt vous parler d’une histoire plus simple, plus intime, celle de Régine et René. Parce que la première chose qui me vient à l’esprit quand je dois lier la ville de Nantes et la Bretagne, c’est avant tout mon histoire familiale.

Cette histoire particulière, c’est celle de mes grands-parents, mon grand-père René aimait à me la raconter. Lorsqu’il se trouvait en Allemagne à la fin de la guerre, l’un de ses camarades est arrivé avec une poignée de lettres écrites par des marraines de guerre afin d’encourager ces jeunes soldats si éloignés de chez eux. A l’époque il n’y a pas encore Internet et la correspondance était alors faite par des lettres simples et magnifiques.

Mon grand-père qui était né à Léhon à côté de Dinan insiste pour ne correspondre qu’avec une bretonne, il regarde d’où proviennent les différentes lettres et aperçoit un cachet de Nantes. “Cette lettre vient de Bretagne, elle est pour moi !” Il ne le savait pas encore, mais en lisant, puis en répondant à cette lettre, c’était le début d’une grande histoire avec ma grand-mère qui durera presque 60 ans. Si depuis j’ai perdu mes grands-parents, ma famille possède toujours les 2 photos qu’ils avaient échangées grâce à ces lettres et moi je garde toujours en tête l’histoire de leur rencontre.

Lorsque l’on remet en cause l’appartenance de Nantes à la Bretagne, ce n’est pas seulement l’amour pour ma ville, ce n’est pas seulement une fronde faite à l’histoire, c’est aussi et avant tout pour moi une remise en cause de l’histoire de mes grands-parents et de l’amour que j’ai toujours eu pour eux. J’ai fait le choix, comme ma famille avant moi, de transmettre à mes enfants ce destin familial, ce destin commun qui nous lie, nous les Nantais, à l’histoire de Bretagne. ” C’est à chacun, l’âge venu, la découverte ou l’ignorance”.