Philippe Rajalu

Il y a quelque chose de symbolique en gare de Châteaubriant. Un quai coupe la ligne ferroviaire Rennes-Nantes. Ce quai fait honte. Il rappelle violemment que le département de la Loire-Atlantique est détaché de la région administrative de Bretagne, contre toute évidence et depuis trop longtemps. Les motifs à cette aberration, de quelque nature qu’ils sont, s’opposent quotidiennement à ce que vivent les habitants. Et les autorités organisatrices des transports poussent jusqu’à ne pas établir de correspondances entre les TER arrivant de Nantes ou de Rennes. En revanche il existe une proposition pour rejoindre les deux plus grandes villes bretonnes par Laval et Angers !

Coupure physique de la ligne Nantes-Rennes en gare de Châteaubriant

En 2019, l’ACCRET (Association Citoyenne Châteaubriant-Rennes en Train) réalise une enquête qui montre que les habitants des territoires traversés par la ligne ferroviaire Rennes-Châteaubriant ont besoin que le service facilite le lien entre Rennes et Nantes. En effet, malgré les obstacles physiques et administratifs qu’on leur oppose, les habitants conservent des habitudes culturelles et sociales ancestrales tant ils partagent des us et coutumes communs. Et les résultats de l’enquête montrent aussi que l’amélioration de la liaison Rennes-Nantes par Châteaubriant répond à des nécessités économiques, sociales, culturelles et médicales. Des deux côtés du quai de la honte.

Toutes ces années d’arrachement administratif n’arrivent pas à éradiquer des consciences le sentiment d’appartenance à un même pays. Il serait temps que les autorités regardent cette réalité et que ce faux débat soit tranché par la consultation démocratique voulue par les habitants des la Loire-Atlantique.

Philippe Rajalu