Peter Le Guével, Nantais

Réunification : une chance pour Nantes et pour la Bretagne

Les États Généraux de la Bretagne Réunifiée sont une occasion unique pour la Bretagne de rassembler toutes ses forces vives afin de définir de nouveaux projets d’avenir qui dessinent la Bretagne de demain et mobilisent dans la durée tous les acteurs. Comme avait su le faire en son temps le CELIB (Comité d’études et de liaison des intérêts bretons) dans la deuxième partie du XXème siècle.

Une telle dynamique est inenvisageable sans la participation de Nantes et de la Loire-Atlantique. Comment la Bretagne pourrait-elle se relancer, penser son avenir dans un cadre renouvelé et expérimental souhaité par l’État, si elle reste privée de l’un de ses poumons ?

Ces États Généraux de la Bretagne Réunifiée sont aussi une formidable chance pour Nantes de se resituer dans un cadre régional. L’appartenance administrative à la région Pays de la Loire conduit en fait Nantes à un « splendide isolement » et à une certaine stérilité. La région PDL échoue depuis 70 ans à se définir elle-même, à créer une identité dans laquelle les citoyens puissent se reconnaître. On ne sait d’ailleurs toujours pas comment appeler ses habitants, les Ligériens pouvant être tout autant les habitants d’Orléans ou de Saint-Étienne. L’absence d’une dynamique commune entre les cinq départements qui la composent, isole en fait Nantes de tout environnement régional où elle pourrait jouer un rôle de locomotive. Et la chimère d’un « Grand Ouest » à laquelle rêvent certains édiles nantais la conduit dans la même impasse. L’heure n’est plus aux rêves de grandes métropoles qui écrasent le reste des territoires, de ville tentaculaire qui coupe ses liens avec son environnement immédiat. Pour quoi faire ? Relisons la fable de « La Grenouille qui se veut faire aussi grosse que le bœuf ». Les élus nantais ne sentent-ils pas monter ce qui est plus qu’une inquiétude des citoyens sur l’évolution de leur ville ? Et dans tout le département une angoisse sur le dépérissement du tissu rural ? Il est encore temps de construire une politique de développement raisonnable et maîtrisé. Qui donnent aux Nantais la fierté d’habiter dans une grande ville à dimension humaine. Dans un équilibre voulu et concerté avec les autres métropoles, Rennes et Brest en premier lieu, les villes moyennes (Saint-Nazaire, Ancenis, Redon, Châteaubriant, Vannes) et les pays intermédiaires (Blain, Pays de Retz, presqu’île de Guérande, vignoble…). On voit bien qu’une telle politique doit se penser dans un cadre régional, et qu’elle amène immanquablement Nantes à regarder vers l’Ouest, du côté du Bro Goz…

Peter Le Guével