Patrick Lecat

Le succès de l’interpellation citoyenne de Saint-Nazaire « Pour la pleine reconnaissance de l’identité bretonne de St Nazaire » (3650 signatures en moins d’un mois) a démontré une fois de plus par la pratique, s’ il en était encore besoin, la demande de reconnaissance de son identité bretonne par la population de la Loire-Atlantique.

Cette demande qui pourrait paraître secondaire à certains est bien une question de société qui traverse toutes les générations, les milieux sociaux et les sensibilités politiques. Cette «soif de Bretagne» plonge profondément dans l’âme de la Loire-Atlantique et de ses habitants.

La négation institutionnelle de ce sentiment profondément ancré dans la population à travers l’intégration forcée à la région « Pays de la Loire » par les politiques, les administrations, et surtout les médias blesse la conscience de nombre d’habitants et rencontre l’incompréhension des nouveaux arrivants qui ne demandent qu’à s’intégrer et participer à la vie de leur nouveau département à travers son identité.

L’identité bretonne, identité ouverte aux autres et porteuse de créativité, serait pourtant un formidable levier du rayonnement de notre département à l’international du fait de la notoriété de l’image de la Bretagne.

Certes les autorités reconnaissent, du moins officiellement, l’identité bretonne de leur territoire et lui font des concessions parfois importantes .

Et de fait dans un environnement globalement hostile toutes les concessions sont bienvenues, mais elles cachent un blocage politique solide comme l’a illustré le vote des conseillers départementaux en décembre 2018 contre l’inclusion de la Loire-Atlantique dans la région Bretagne, en lieu et place de leurs électeurs et sans aucun mandat de leur part, alors qu’au contraire 105 000 d’entre eux avaient justement demandé à être consultés.

Le seul moyen de sortir de ce blocage serait de soumettre la question de la réunification de la Bretagne au peuple lui-même. Mais comment ?

Le vote en cours par les municipalités de Loire-Atlantique d’un vœu demandant l’organisation d’un référendum pourrait être une solution, espérons qu’elle fonctionne !