Morvan Dupont, parent et administrateur Diwan

Les écoles Diwan sont particulièrement concernées par l’exclusion de la Loire-Atlantique du reste de la région Bretagne. En matière de scolarité, cette exclusion a des impacts auprès de plusieurs interlocuteurs institutionnels : les services et agences d’État se doublonnent et n’appliquent pas les mêmes règles, parfois en contradiction avec le cadre légal français. En conséquence, faire vivre un réseau d’écoles laïques et gratuites pour 5000 enfants nous prend, à nous parents, 2 fois plus d’énergie !

Premier point : 2 rectorats pour 2 académies distinctes, avec des traitements inégaux des questions relatives aux contractualisations des écoles et celles qui touchent au personnel enseignant. L’école de St-Herblain attend par exemple depuis 3 ans sa contractualisation.

Nos associations d’éducation populaire qui gèrent chaque école ont beaucoup d’autres acteurs institutionnels à guider et, à chaque fois, ce qui est acquis là-bas, en région Bretagne, doit être doublement acquis ici en Loire-Atlantique. C’est une situation usante et injuste qui oblige à une gymnastique pour essayer de coordonner les positions des différents services de l’État qui souvent, eux, ne se parlent pas !

Pendant la lutte et les manifestations pour le maintien des emplois aidés par exemple, nos 55 écoles ont été en pointe sur ces sujets. Nous avons fait les rentrées de nos enfants en septembre 2017 sur les marches des préfectures ! Ici à Nantes, il a fallu redoubler de lutte pour que les écoles du 44 ne soient pas oubliées et/ou traitées d’une manière différente que celles de l’académie de Rennes. Une seule et même académie rendrait l’enseignement du breton plus simple et plus efficace…

Et deuxième point, quand on réussit enfin à coordonner les décisions (préfets – gouvernement – recteurs), rien n’est encore terminé pour les élèves de Loire Atlantique… ce sont les agences de l’État qu’il faut convaincre. En l’occurrence, les Pôles emplois qui suivent le découpage régional actuel, pour que le traitement des dossiers d’emplois aidés soit étudié en appliquant les mêmes critères entre la Bretagne et le 44…

Il en est allé de même en 2019 avec la signature à Rennes du “pacte girondin pour la Bretagne” et celui des Pays de Loire . Même cause, mêmes effets, même double travail pour les parents qui font vivre les écoles de Loire-Atlantique. Il faut se battre sans cesse, 40 ans après la première école à Nantes (!) pour obtenir, au coup par coup, les garanties que les mesures s’appliquent de Brest à Clisson de la même manière.