Michael HERVE, Nantais

– Les Nantais Bretons ? Impossible, les Namnètes n’étaient pas Bretons.

– Nantes en Bretagne ? Non car sur un Paris-Nantes, les gens sont énervés si il y a du retard, alors que sur un Paris-Rennes c’est la fête dans le wagon-bar et les voyageurs se félicitent du retard pour reprendre un verre.

– Nantes, capitale de la Vendée ? Evidemment il y a 1200 bacheliers Vendéens qui viennent étudier à Nantes chaque année.

Les arguments contre la réunification sont généralement assez imaginatifs et pourraient être drôles si le sujet n’était pas d’une importance considérable, sur le plan économique, linguistique, historique et culturel. D’autres contributions résument très bien les raisons pour laquelle la Bretagne se doit d’être réunifiée, je n’y reviendrais pas.

Intéressons-nous cependant aux deux sujets délicats qui se doivent être adressés dans le cadre de la réunification.

Première question qui intervient souvent après quelques minutes de conversation sur la réunification de la Bretagne : Quelle en serait la capitale ? Cette question, aussi valable qu’elle puisse-être, intervient souvent avec l’idée sous-jacente, très française, que la capitale phagocytera tous les attraits de la région : administration, culture, économie, pouvoir. C’est le concept de décentralisation à la Française : des régions complètement administratives vides de sens, avec une grande métropole dans chacune. Finalement la reproduction du modèle national centré sur Paris, en région. Or la Bretagne ce n’est pas cela. Depuis des centaines d’années, ce sont des réseaux de petites, moyennes et grandes villes qui cohabitent, qui échangent, qui commercent, sans volonté d’écrasement et de domination de la cité voisine. Nantes et Rennes doivent travailler ensemble, de manière complémentaire, comme par le passé, au lieu d’être mis en concurrence artificiellement. Le choix de la capitale devient un sujet annexe : l’une ou l’autre, une ville entre les deux : Redon ? Une ville de centre Bretagne : Pontivy ? Une ancienne capitale : Vannes ? Quelle importance. Est-ce que l’Australie ou le Canada souffrent d’avoir pour capitale une ville qui ne soit pas une mégalopole ?

La deuxième question tout aussi valide concerne le devenir de la région administrative des Pays de La Loire. La Loire-Atlantique étant le poumon économique local, il faut évidemment penser l’avenir en ayant en tête l’atterrissage global. Il est regrettable que ces discussions n’aient pas eu lieu localement lors du redécoupage des régions en 2014, mais qu’importe, avançons. Les trois départements intérieurs (Anjou, Mayenne et Sarthe) sont déjà très proches et auraient tout à gagner d’intégrer la région voisine du Centre, renommée récemment Centre Val-de-Loire. Cette appellation – Val-de-Loire – conformément à la définition au patrimoine mondial de l’Unesco, correspond précisément à ce territoire unifié. L’autre territoire impacté, la Vendée a toujours eu son organisation à part entière, économique, touristique ou culturelle. Sa région administrative d’appartenance n’a que peu d’importance, à elle d’en décider. Ces discussions doivent avoir lieu sereinement dans un débat structuré afin que la réorganisation territoriale bénéficie à toutes les parties prenantes.

Michael HERVE, Nantais