Marc Le Duc

C’est un manque, quotidien, permanent… C’est une partie de Bretagne évanouie, emportée.

L’essentiel de l’actualité économique, culturelle, politique, festive bretonne a disparu des informations proposées aux habitants de Nantes ou de Clisson, de Guérande ou de Pornic.

Dans l’autre sens, le cinquième département breton n’existe plus dans les nouvelles diffusées chaque jour de l’autre côté de la Vilaine.

La partition régionale a profondément modifié l’information dans les cinq départements de la Bretagne millénaire. Radios, télés, journaux ont aligné les organisations et les contenus sur le nouveau découpage administratif. Une frontière de l’information partage désormais la Bretagne. Elle participe, jour après jour, à l’effacement de l’identité bretonne du pays Nantais dont les habitants, hier bretons, sont devenus « ligériens » à longueur d’articles et d’émissions.

Que faire ? Interpeller les responsables de ces médias. Et dialoguer.

Un journal, une chaîne locale, une radio doivent-ils être les outils du remodelage identitaire d’un territoire ? Au contraire, les rédactions ne devraient-elles pas introduire de la souplesse, trouver des formules permettant prendre en compte la demande de Bretagne qui reste étonnamment vivante des marais salants au vignoble nantais, de Notre-Dame-des-Landes à Châteaubriant?

Mettre ces questions sur la table relève du débat démocratique, et non d’une quelconque atteinte à la liberté d’informer. Insister, encore et encore. D’autant que rien n’est figé pour l’éternité comme le montre la campagne des municipales 2020, où des candidates nantaises de premier rang ont intégré de belle manière la question bretonne dans leurs programmes.