Karl Poinson

” Quant à moi, je suis originaire d’une place forte construite à l’entrée de la Bretagne, à huit milles, je crois, à l’est de Nantes. Son nom précis est Palais (Palatium qui deviendra Le Pallet). S’il est vrai que je dois naturellement à ma terre natale comme à mes ancêtres d’avoir fait preuve d’un caractère vif, je leur dois aussi d’avoir montré une intelligence capable d’aller vers les disciplines littéraires avec beaucoup de facilité.” voici comme se présentait déjà fin XIème, début XIIème, Abélard, l’illustre philosophe palatin à ses disciples parisiens.

Alors OUI comme Abélard, je revendique que le Pallet tout comme le Vignoble nantais est bel et bien breton, et l’assume avec fierté.

OUI le Muscadet Sèvre et Maine ce vin magnifique au caractère vif est décidément un grand vin de Bretagne, même si son identité est remise en question par des considérations politiques ou hasardeusement commerciales l’affublant d’un qualificatif vin de Loire quand ce n’est pas vin du “Val de Loire”. Pourtant l’UNESCO en interdit très justement l’usage aux vignerons du Pays Nantais, notre vignoble ne faisant pas partie du périmètre UNESCO Val de Loire, classé au patrimoine mondial.

Sur ce point je pense que nous bretons gagnerions à engager des démarches en justice pour faire cesser cette déculturation programmée. Je proposerai un mode d’action d’ici quelques semaines.

Il en va du vignoble comme de tout le pays nantais. Nous sommes otages de considérations politiciennes attisées par la crainte d’une Bretagne enfin réunifiée qui constituerait un contre-pouvoir trop important au jacobinisme parisien et aux laquais biberonnés par les barons locaux avec comme lettre de mission de saper toute velléité (ré)unioniste. Il faut dire que le jacobin utilise habilement les divisions politiques bretonnes qui selon moi devraient remiser temporairement au placard leurs tendances gauchisantes ou droitisantes pour ne tendre que vers le seul et unique objectif qui vaille : la réunification. Il sera bien temps ensuite, une fois notre territoire réunifié de mettre en avant des idées.

Je crois à la réunification en même temps que je crois fermement à l’intérêt pour le développement économique du département de la Loire-Atlantique et de notre capitale Nantes, d’embrasser à nouveau l’identité bretonne afin d’exister sur la scène européenne. Je conclurai avec ces mots de Jean Blaise, directeur du Voyage à Nantes : « Nantes c’est la Bretagne évidemment […] Nantes, sans la Bretagne, n’existe pas à l’international ».

Karl Poinson, enseignant en histoire & géographie, fondateur de l’association Le Club Breton