Jean-Marie MICHEL

Bien sur que je suis favorable à la réunification de la Bretagne, plus même, je le veux ardemment tous les jours et depuis toujours, car ce n’est que la réparation d’une injustice, d’une forfaiture, qui a été faite aux Bretons.

Je suis né à Guéméné-Penfao, dans une paroisse datant du 9ème siècle, fondée par des Bretons qui lui donnèrent un nom breton, après les invasions normandes qui détruisirent une plus ancienne fondation bretonne appelée Cornow ou Cornou, dans lequel on retrouve le nom breton de la Cornouaille. Winmonid au Cartulaire de Redon, c’est-à-dire Montagne Sacrée, à Guéméné fut adjoint Penfao, du nom d’une partie démembrée de la grande paroisse de Plessé, à une époque indéterminée. C’est la partie qui est au Sud de la rivière Don qui traverse son territoire d’Est en Ouest et où je suis né. N’en déplaise à ceux qui sont fiers d’habiter les bords de Loire, le Don est un affluent de la Vilaine, tout comme l’Isar qui traverse Blain, où je réside depuis 45 ans, d’Est en Ouest aussi. A Guéméné-Penfao, 25% des noms de lieux sont des noms bretons, à Blain un peu moins, mais la plupart des Frairies (subdivision de paroisse avec chapelle et cimetière frairien, système typiquement breton, dérivé du système des Clans celtiques), portent des noms bretons, avec des saints protecteurs qui sont pour la plupart des saints bretons.

Je me souviens de mon père qui me disait : nous ne sommes malheureusement que des « sots-Bretons ». Pourquoi cette qualification ? « Parce que nous ne parlons plus le breton ! » disait-il. Cette réflexion, plus tous ces toponymes bretons que je côtoyais : Tréfou, Coatfou, Tréguenneuc, Tréguély, Tréglais, Trémélan, Kergroaz, Coatily, Fri, Friguel, Coatquenet, Coatnerion… ont fait que j’ai appris le breton. Je le parle, je le lis, je l’écris, et mes écrits je les signe en breton : Yann MIKAEL ou aussi Donwal Gwenvenez. « Donwal » c’est pour le nom de ma grand-mère côté maternel, Marie-Jeanne Denoual, et « Gwenvenez » pour le nom de ma Grand-Mère, côté paternel, Adèle Guéméné, mais c’est aussi pour rappeler le nom de mon ancêtre Julien Guéméné, qui au moment de la Révolution Française, faisait traverser le Don avec son bateau, à l’abbé Grégoire Orain, prêtre réfractaire, et aussi à pas mal d’autres chouans. Dénoncé, il fut fusillé par les Bleus, dans la cour de sa ferme, devant sa femme et ses enfants, à Port-Rolland en Massérac.

J’ai dirigé pendant plus une douzaine d’année la publication en breton « Kannadig Imbourc’h » et à présent « Ar Goulou Gwenn » (La lumière blanche) qui a pris la suite. J’ai écrit aussi de nombreuses nouvelles en breton qui ont été publiées dans des revues comme Al Liamm, Aber, Imbourc’h, Preder… et ensuite, quinze d’entre elles ont été publiées dans un 1er livre aux éditions Imbourc’h, An Emgav Chanter, en attendant un 2ème.

Avec tout cela, vous pensez bien que je ne peux être que pour la réunification de la Bretagne, et plutôt cent fois qu’une.