Gwenael LE GUEVEL, enseignant et syndicaliste

Quand on me demande d’épeler mon nom et mon prénom, je précise parfois dans la foulée : “c’est corse”…

À propos de mes origines, je porte un tee-shirt sur lequel est inscrit : « N’eus estrañjour ebet war an douar / Il n’y a pas d’étrangers sur Terre ». J’aime bien cette idée qui peut sembler contradictoire à première vue : comment se revendiquer à la fois Breton et citoyen du monde ? Je pense que les deux peuvent se nourrir. C’est parce que l’on a des endroits rassurants, connus, auxquels on s’identifie, qu’on est d’autant plus capable de partir à la découverte des autres, de leurs spécificités et de notre commune humanité. C’est parce que nous savons d’où nous venons et que nous avons des repères stables que nous sommes en mesure de progressivement les faire évoluer et les partager. Notre devise européenne le résume magnifiquement : “Unis dans la diversité”.

La culture Pays-de-Loire, je ne sais pas vraiment ce qu’elle est, ni d’où elle vient. Dans mon milieu professionnel, l’éducation nationale, ses 5 départements sont administrativement rattachés au rectorat de Nantes mais au-delà de cela, il n’y a pas vraiment de projets communs fédérateurs, pas d’identité commune. Même les lycées qui sont gérés par la Région, sont bien plus dépendants des réalités locales pour ajuster leurs offres de formation plutôt que d’un projet régional. La Mayenne semble tournée vers la Bretagne, la Sarthe vers le Perche et Paris, et j’ai l’impression que la Vendée a une identité à elle toute seule. Le Maine et Loire est peut-être finalement le seul Pays de Loire ?

Gwenael LE GUEVEL