Gilbert Péron

Né à Nantes, où j’ai fait toute ma carrière après des études à Paris, j’y ai grandi à une époque où personne ne contestait ici la Loire-Atlantique en Bretagne. Donc je suis Breton, et le serai jusqu’à mon dernier souffle. Car les « Pays de la Loire », découpage administratif imposé à la population sans la consulter, ne se sont concrétisés qu’en 1974, surtout par leur empressement à débretonniser notre département à grand renfort de communication payée avec nos impôts… Leur nom, de sens bien flou, est certes apparu en 1955, mais ne circulait guère jusque-là que dans les bureaux des préfectures.

Je suis breton au point d’avoir eu la chance d’entendre la langue bretonne dès l’enfance, et tardivement de l’apprendre puis de l’enseigner, et j’ai aussi eu la curiosité de découvrir l’histoire régionale, absente des écoles. Aussi les journaleux qui me traitent de « léger rien » m’insultent !  La Bretagne, ce n’est pas un territoire défini par l’administration, c’est une réalité historique plus que millénaire, produit du dynamisme d’immigrés d’Outre-Manche, qui ont réveillé leurs frères gaulois, lors de la chute de l’empire romain. Son découpage par la Révolution n’a pas effacé sa réalité culturelle, nourrie du mélange séculaire des populations armoricaines, et cultivée par de nombreux nantais. Son identité séculaire reste ouverte à l’accueil des nouveaux habitants qui veulent bien la respecter, et même s’y intégrer, ce qui est fréquent.

Les Pays de la Loire ont contraint de nombreuses organisations locales, sportives, professionnelles, notamment, à rompre leurs liens avec nos voisins bretons, et gênent ainsi bien des convergences économiques, maritimes notamment. En pesant sur les médias d’ici  pour qu’ils fassent silence sur nos voisins du Nord, ils appauvrissent la culture de notre population, et montrent qu’en France la liberté d’expression reste pour une bonne part illusoire, comme le respect des autres principes inscrits au fronton de bâtiments publics.