Erick Falc’her-Poyroux

Je suis né à Nantes en 1964 d’une mère bretonne et d’un père jurassien. Universitaire depuis 1997, tout d’abord à l’université de Rennes pendant 8 ans, je suis en poste à l’université de Nantes depuis 2005 : j’ai connu ici de nombreux projets de regroupements universitaires sans âme et sans identité, tous montés dans l’idée erronée que « plus on sera gros, plus on sera visible dans les classements internationaux ».

Des projets universitaires sans âme.

A partir de 2008, nous avons donc eu l’UNAM (Université Nantes Angers Le Mans) – une belle vitrine vide, puisque rien n’a changé. Puis à partir de 2016 l’UBL (Université Bretagne Loire) qui tentait de fusionner un ensemble du « Grand Ouest » avec les universités des régions Bretagne et Pays de Loire. Nouvelle coquille vide et nouvel échec retentissant.

Ces échecs ont d’ailleurs été parfaitement résumés par Frédérique Vidal, Ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation : il y a « un problème de structure, de visibilité et d’appropriation des périmètres de l’ESR sur les Régions ».

En clair, ce « problème d’appropriation » démontre que, comme une grande majorité des habitants de la Loire-Atlantique, les universitaires ne se sentent absolument pas concernés par une énorme machine à l’échelle du Grand Ouest. Et pas plus concernés par les projets de rassemblement universitaires à l’échelle des Pays de Loire, d’ailleurs.

La raison principale de ce problème est en fait très simple: que ce soit pour les projets de notre université comme pour l’avenir de la Loire-Atlantique, le débat n’existe pas et les projets sont imposés d’en haut.

Pour un référendum

Tous les sondages depuis des décennies montrent que les habitants de la Loire-Atlantique souhaitent majoritairement rejoindre la région administrative de la Bretagne. C’est également mon souhait. On peut essayer de me démontrer que j’ai tort, et je l’accepte bien sûr : mais à condition que l’on puisse en débattre démocratiquement. Malheureusement, jusqu’à présent, on ne m’a jamais demandé mon avis.

Pourtant, ceux qui demandent officiellement la tenue d’un référendum sur l’appartenance de la Loire-Atlantique à la Bretagne ne sont pas de dangereux extrémistes, ce sont les élus départementaux de Loire-Atlantique (en 2001), ainsi que les Conseillers Régionaux de Bretagne à l’unanimité (en 2008).

Ce que demandent simplement les habitants de notre département, ce que je demande, ce qu’une vaste majorité demande depuis des décennies, c’est que ces débats puissent enfin s’ouvrir. Que chacun puisse avancer ses arguments sereinement, et qu’un référendum décide de l’avenir de la Loire-Atlantique.

Et même si ça n’est pas l’enjeu essentiel de la campagne municipale, cela reste une question importante qu’il faudra résoudre démocratiquement un jour ou l’autre.